Cet habitant de Saint-Antoine-de-Breuilh a fait la découverte, dans son jardin, d’un véritable petit cimetière, contenant les ossements des anciens propriétaires et de leurs aïeux.

Il n’y a pas de cadavre dans le placard, mais il y en aurait dix dans le jardin. En achetant leur première maison à Saint-Antoine-De-Breuilh, en Dordogne, en juin 2016, deux trentenaires débarquant du nord de la France ne s’imaginaient pas tomber sur le cimetière des anciens propriétaires à quelques mètres de leurs fenêtres.

En faisant réaliser des travaux d’épandage de la fosse sceptique, ils ont découvert des os humains dans le jardin.

« Au départ, on croyait qu’il s’agissait de squelettes de l’époque gallo-romaine parce qu’il y a un site pas loin », confie le nouveau propriétaire de la maison située route de la Garde, Sébastien Honoré.

Le notaire, l’agent immobilier et les anciens propriétaires ont été alertés et les travaux ont arrêtés trois jours durant. « Les gens qui nous ont vendu la maison nous ont alors expliqué, devant témoin, la présence d’une dizaine de corps qui sont les anciens propriétaires de la maison et leurs aïeux. La dernière habitante de la maison, en 1976, a été enterrée ici. C’est la grand-mère de la vendeuse », explique Sébastien Honoré. 

Inhabitée depuis 50 ans

La maison, qui n’était plus habitée depuis 50 ans, devait posséder son cimetière privatif. Rien d’anormal dans ce territoire à tradition protestante où cette pratique était assez répandue. « Il y en a régulièrement dans le coin » précise le maire de la commune Christian Gallot qui déclare ne pas être au courant de l’affaire. 

À trancher devant la justice

La famille vendeuse, résidant à Vélines, ne souhaite pas s’exprimer sur le sujet. Son avocat reconnaît « un oubli » dans le fait qu’elle n’a pas précisé aux acheteurs la présence de sépultures sur la propriété.

« Ils nous ont proposé 2 500 euros pour faire retirer seulement deux corps, raconte l’actuel propriétaire. Pour nous c’était tout ou rien : on veut être définitivement débarrassés de tous les corps […]. Surtout, nous aimerions nous faire rembourser les frais de travaux supplémentaires. »

Pour régler leur différend, les deux familles sont convoquées à la barre du tribunal de Bergerac début 2018.

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19 Commentaires

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  • Neromir
    Quel manquement ignoble de la part des vendeurs , qui le savent bien puisque la dernière personne inhumer dans le terrain qu 'ils ont vendu date de 1973.
    Alors comme ça ils abandonnes leurs aïeules en douce , belle mentalité .Les acquéreurs nous l'espérons vont obtenir gain de cause et bien .Ou est la dignité ont laisse c'est morts aux autres !!!!
  • Azertyy
    mdr je crois qu il y a un os.
  • Yoh
    @robert laplagne

    MDR
  • Troll ?
  • Essentiel
    Une affaire compliquée, où la recherche de responsabilité ne va pas être facile. Pourtant il a bien dû y avoir une trace sur le sol (caveau, stèle, pierre tombale, etc) qui a été supprimée... volontairement ou pas. Pour éventuellement ne pas dévaluer la valeur de la propriété avec cette servitude prévue par la loi:
    ''une inhumation dans un cimetière particulier crée une servitude perpétuelle, la propriété privée est donc grevée d’un droit de passage inaliénable et imprescriptible, pour garantir aux héritiers des personnes inhumées, la liberté de venir s’y recueillir.
    En cas de vente de la propriété, les héritiers de la personne inhumée bénéficient d’un droit d’accès perpétuel.
    Il convient d’informer ceux-ci qu’il appartiendra, le moment venu, à leur exécuteur testamentaire ou à toute autre personne habilitée, de faire les démarches nécessaires auprès des services préfectoraux''.

    C'est donc aux vendeurs de prendre toutes les diligences pour lever la servitude dont ils sont bénéficiaires inaliénables en tant qu'héritiers.